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ARTICLE PARU DANS LE PARISIEN – ILE-DE-FRANCE – YVELINES – 6 mars 2020

 

La Verrière : les employés de la clinique MGEN inquiets pour l’avenir

Plusieurs dizaines de personnes ont répondu à l’appel de deux syndicats pour protester contre la réorganisation engagée sur le site.

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La Verrière, ce vendredi. Une quarantaine de membres du personnel de la clinique MGEN ont manifesté pour réclamer le maintien des effectifs.  LP/M.Fi.

Par Maxime Fieschi

Le 6 mars 2020 à 18h23

 

 

« Davantage de lits, moins de personnel, c'est ce que la direction nous propose », s'étranglent deux infirmiers, banderole à la main, devant l'entrée du centre Marcel-Rivière de La Verrière ce vendredi matin.

Avec une quarantaine de collègues soignants ou membres du personnel, ils ont manifesté devant cet établissement privé appartenant à la MGEN, (l'assurance maladie et la mutuelle de l'Education nationale entre autres) spécialisé en soins psychiatriques.

« On ne réclame même pas de meilleures conditions de salaire »

La grève a été entamée le 3 mars pour s'opposer à la réorganisation prévue par la direction du groupe sur ce qui est le plus gros site hexagonal de la MGEN.

« On ne réclame même pas de meilleures conditions de salaires, clament les grévistes, mobilisés autour d'un appel de la CFE-CGC et l'UNSA. On veut avant tout sanctuariser les effectifs, on refuse de passer de dix à douze heures par nuit et on demande d'empêcher les glissements de tâches de tous les personnels… »

La réorganisation concernant le personnel est consécutive à la profonde rénovation des lieux. Le chantier commencé il y a quatre ans, doit s'achever à la fin de l'année. De nouveaux locaux, bien plus modernes, remplacent les anciens pavillons.

L'unité de psychiatrie demeure à 185 lits mais le pôle gériatrie passe de 116 lits à 186 lits. « Et on va nous demander travailler indifféremment en psychiatrie ou en gériatrie, se plaignent les grévistes. Ce sont pourtant deux métiers très différents. » Des suppressions de postes sont envisagées, selon les manifestants, même si aucun chiffrage n'a été communiqué à ce stade des négociations.

La maire PCF est venue soutenir leur combat

Un collègue ajoute : « Voilà 40 ans que je fais ce métier. Je vois bien que nos conditions de travail, comme dans tout le monde hospitalier, se dégradent lentement. Et au final, quand l'institution maltraite les soignants, ce sont les patients qui sont mal traités. On se bat pour pouvoir continuer à nous occuper correctement et dignement des personnes malades. »

Pour un autre salarié, « on régresse ». Selon lui, la « baisse des effectifs » va conduire la clinique vers « une psychiatrie asilaire où les patients seront simplement isolés dans un lieu au lieu d'être soignés. »

Un combat qu'est venue soutenir Nelly Dutu, la maire PC de La Verrière. « Tout le monde, partout en France tire le signal d'alarme face à la détresse du monde hospitalier mais l'Etat ne bouge pas, déplore l'élue. On est en train de mettre les patients en danger. »

La direction souhaite un plan d'actions adapté

De son côté, la MGEN fait savoir que « depuis le dépôt du préavis de grève, un dialogue social se déroule de manière active entre la direction et les professionnels de l'établissement. Le dialogue se poursuivra mardi après-midi avec le directeur de l'établissement de la Verrière, la DRH du groupe et la Direction Générale santé du groupe. »

Les discussions en sont encore « au partage d'informations dans l'attente de la stabilisation de ces organisations à venir », ajoute un porte-parole de la MGEN. « Nous serons amenés à proposer, dans les prochains jours, un plan d'actions adapté aux conditions de travail, et, conforme aux missions de service public de l'établissement », conclut-il.

 
 

ARTICLE PARU DANS ACTU.FR – ILE-DE-FRANCE – 78 – 6 mars 2020

 

 

 

Yvelines. Le personnel de la MGEN à La Verrière en grève contre les conditions de travail

Les soignants des services de psychiatrie de la MGEN à La Verrière (Yvelines) en sont à leur 4e jour de grève, pour protester contre de mauvaises conditions de travail.

Publié le 9 Mar 20 à 10:18

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Le personnel des services de psychiatrie de la MGEN à la Verrière (Yvelines) est en grève depuis le 3 mars. (©78actu)

 

Ils sont en grève depuis le 3 mars. Les salariés de l’institut Marcel-Rivière, établissement de santé mentale de la MGEN à La Verrière (Yvelines), ont poursuivi leur manifestation, vendredi 6 mars. Ils dénoncent des mauvaises conditions de travail et notamment le passage de 7 heures à 12 heures de travail consécutives que va leur imposer la direction.

Suppression de postes

 Certains soignants travaillent déjà en 12h50 (12 heures de travail dont 50 minutes de pause, ndlr) mais là, c’est tout le personnel qui va être obligé de passer en 12 heures », expliquent les grévistes.

Le passage aux 12h devrait être effectif en septembre. 

Pour eux, cette décision permet à la direction de supprimer des postes. « Cela concerne aussi bien des infirmiers, soignants, éducateurs… », confie une infirmière qui nous informe aussi que, dans son service, deux postes d’infirmiers vont être supprimés. Et cela sans augmentation de salaires et si on n’accepte pas, c’est la porte. » Les salariés dénoncent aussi la volonté de faire passer de 20 à 29 % la proportion du temps travaillé le week-end et les jours fériés.

Autre sujet de préoccupation : le « glissement des tâches ».

Des infirmiers en gériatrie seront amenés à remplacer des collègues en psychiatrie ou en soins palliatifs et inversement. C’est une véritable mise en danger des patients, les soins ne sont pas les mêmes, il nous faut au moins une remise à niveau ! »

En effet, la MGEN est en pleine refonte, jusqu’à fin 2020. Le projet vise à réunir deux établissements sur un même site : l’Institut Marcel-Rivière donc, et le centre gériatrique Denis-Forestier, qui comprend un EHPAD, des soins de suite et de réadaptation, de la médecine et une unité de soins palliatifs.

Pour le personnel, ces conditions de travail ont des conséquences sur le suivi des patients.

 On ne peut se satisfaire de la manière dont les patients sont soignés, regrette une infirmière. Il y a de l’insécurité pour les patients : quand on est en sous-effectif on est soulagés quand la journée s’est bien passée ».

« Il y a une vraie régression de la psychiatrie qui redevient sécuritaire comme dans les années 1950 », confirme l’une de ses collègues.

Impact psychologique

Des situations qui ont aussi un impact psychologique pour le personnel. « On observe un épuisement psychique professionnel. Il y a une vraie maltraitance du personnel hospitalier, et ce au niveau national ».

C’était une grande fierté de travailler dans cet hôpital de pointe à l’époque. Aujourd’hui, on a perdu tout ça, je ne retrouve plus cette démarche humaniste », regrette un infirmier à quelques années de la retraite.

Du côté de la direction, on assure que « depuis le dépôt du préavis de grève, un dialogue social se déroule de manière active entre la direction et les professionnels de l’établissement, dans un contexte de réorganisation lié à la réouverture prochaine du site. Un dialogue social approfondi est installé au niveau des instances nationales du Groupe MGEN, à l’écoute des inquiétudes relayées par une organisation syndicale. »

Elle annonce aussi qu’« un plan d’actions adapté aux conditions de travail, et, conforme aux missions de service public de l’établissement, en lien avec l’ARS, pour dépasser la tension économique qui concerne l’établissement »sera proposé dans les prochains jours. 

Les salariés, eux, ont prévu de faire grève jusqu’au 18 mars mais les négociations devraient cependant débuter mardi 10 mars.

« La direction a dit entendre nos revendications et a fait un pas vers nous en engageant des négociations », reconnaissent les salariés.